Mensuel ou trimestriel : la déclaration URSSAF quand vos ventes tiennent sur deux mois
31 janvier. L’atelier sent encore la cire, mais il n’y a plus rien à emballer. Le dernier marché remonte à six semaines, la boutique en ligne a fait deux commandes depuis le Nouvel An, et le téléphone vibre : l’URSSAF prélève 1 346,10 €. Vous saviez que ça viendrait. Vous ne saviez pas que ça viendrait ce jour-là.
Rien d’anormal pourtant. C’est le rythme trimestriel qui produit ce chiffre : il regroupe octobre, novembre et décembre sur une seule ligne et il la sort le 31 janvier. Il envoie donc la facture de vos deux meilleurs mois dans le mois le plus vide de votre année.
Le total, lui, ne bouge pas d’un rythme à l’autre. 12,3 % restent 12,3 %. Ce qui change, c’est la date. Et quand 60 % d’une année tient sur novembre et décembre, la date fait tout.
En bref
- La déclaration est mensuelle par défaut. Le trimestriel est une option à demander, et si vous n’avez rien indiqué au moment de la création, l’URSSAF vous a inscrite d’office en mensuel.
- En mensuel, le chiffre d’affaires d’un mois est exigible le dernier jour du mois suivant. En trimestriel, les quatre dates sont fixes : 30 avril, 31 juillet, 31 octobre et 31 janvier.
- Le total annuel est le même. Sur 15 000 € de créations vendues, c’est 1 923,00 € dans les deux cas, contribution formation et taxe de chambre de métiers comprises.
- Mais avec 9 000 € encaissés en novembre et décembre, le 31 janvier réclame 705,10 € en mensuel contre 1 346,10 € en trimestriel. 641,00 € d’écart, sur un mois sans ventes.
- Le rythme se change une fois par an. La demande doit partir avant le 31 janvier pour valoir dès le 1er janvier de la même année. Envoyée le 2 février, elle ne prendra effet qu’au 1er janvier suivant.
Deux calendriers, une seule règle
La règle tient en une phrase : vous payez le dernier jour du mois qui suit la période déclarée. Le reste n’est que de l’arithmétique.
En mensuel, ça donne douze échéances : le chiffre d’affaires de janvier est exigible le 28 février, celui de février le 31 mars, et ainsi de suite jusqu’à décembre, exigible le 31 janvier de l’année suivante.
En trimestriel, quatre échéances seulement, toujours les mêmes : 30 avril, 31 juillet, 31 octobre, 31 janvier.
Le décalage se voit surtout sur le dernier trimestre, celui qui porte les marchés de Noël.
| Ce que vous encaissez | En mensuel, exigible le | En trimestriel, exigible le |
|---|---|---|
| Octobre | 30 novembre | 31 janvier |
| Novembre | 31 décembre | 31 janvier |
| Décembre | 31 janvier | 31 janvier |
Une précision qui sert : si la date d’exigibilité tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié, elle est reportée au jour qui suit. Le 31 janvier 2027 tombe un dimanche, l’échéance sera donc au lundi 1er février 2027. Ça ne change pas le montant, ça donne un week-end.
Élodie, bougies : 15 000 € dont 9 000 € en deux mois
Élodie coule des bougies en cire de soja dans un garage aménagé, près de Rennes. Sept marchés entre le 8 novembre et le 21 décembre, deux boutiques en dépôt, un peu de vente en ligne le reste de l’année. Son prix de vente vient du calcul que nous détaillons dans le guide du prix d’une bougie artisanale.
Sur 2026, elle encaisse 15 000 €. Novembre et décembre en apportent 9 000 €, soit 60 %. Les dix autres mois se partagent les 6 000 € restants, avec un creux total en janvier et février.
Elle vend des objets qu’elle fabrique : son chiffre d’affaires relève de la vente de marchandises, 12,3 % de cotisations sociales. S’y ajoutent, sur la même déclaration, 0,3 % de contribution à la formation professionnelle pour les artisans et 0,22 % de taxe pour frais de chambre de métiers. Le taux réellement prélevé est donc de 12,82 %. Le détail est sur notre page repères 2026.
15 000 € à 12,82 %, cela fait 1 923,00 € sur l’année. Ce montant est le même dans les deux rythmes. Voilà où il tombe.
| Échéance | En mensuel | En trimestriel |
|---|---|---|
| 28 février | 38,46 € | |
| 31 mars | 38,46 € | |
| 30 avril | 51,28 € | 128,20 € |
| 31 mai | 64,10 € | |
| 30 juin | 89,74 € | |
| 31 juillet | 102,56 € | 256,40 € |
| 31 août | 76,92 € | |
| 30 septembre | 51,28 € | |
| 31 octobre | 64,10 € | 192,30 € |
| 30 novembre | 192,30 € | |
| 31 décembre | 448,70 € | |
| 31 janvier | 705,10 € | 1 346,10 € |
| Total | 1 923,00 € | 1 923,00 € |
Regardez la ligne du 31 décembre. En mensuel, 448,70 € sortent à ce moment-là : c’est la part de novembre, réclamée alors que la caisse des marchés vient d’être encaissée et que celle de décembre est déjà tombée. L’argent est là, physiquement, sur le compte.
En trimestriel, cette même somme reste sur le compte pendant deux mois de plus, et elle repart le 31 janvier, empilée sur octobre et sur décembre. 1 346,10 € d’un coup, dans un mois où Élodie a vendu deux diffuseurs.

Pourquoi le trimestriel a l’air plus confortable
L’argument classique est bon, sur le papier : garder son argent le plus longtemps possible. Trois mois de trésorerie en plus, c’est trois mois pour acheter la cire, les contenants, régler l’emplacement d’un marché.
Sauf que pour une activité de Noël, ce raisonnement se retourne. La trésorerie que le trimestriel vous laisse arrive quand vous êtes le plus à l’aise, en novembre et en décembre, et elle repart quand vous êtes le plus à sec, fin janvier. C’est exactement l’inverse de ce qu’on demande à un décalage de paiement.
Il y a un deuxième effet, moins visible. Entre le 21 décembre et le 31 janvier, ces 1 346,10 € dorment sur un compte qui, lui, n’est pas étiqueté. Les soldes d’hiver chez le fournisseur de contenants, la commande de mèches pour l’année, le loyer de l’atelier : tout ça se sert dans le même pot. Personne ne fait exprès de dépenser l’argent de l’URSSAF. C’est juste que rien, sur un relevé bancaire, ne dit que ces 1 346 € ne sont pas à vous.
Notre position, et elle se discute : quand plus de la moitié d’une année tient sur deux mois, le mensuel est le meilleur des deux. Il prélève pendant que l’argent est encore là.
Ce que le trimestriel fait vraiment gagner
Quatre déclarations au lieu de douze. Ce n’est pas rien. Et le gain n’est pas seulement du temps.
Une déclaration oubliée coûte une pénalité égale à 1,5 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale, soit 60 € en 2026, pour chaque déclaration non souscrite. Elle s’applique même si vous ne devez rien, même sur un mois à zéro, parce que le zéro se déclare aussi : c’est le sujet de notre article sur le mois où vous n’avez rien vendu. Douze occasions d’oublier, c’est trois fois plus que quatre.
Le calcul se pose donc comme ça : 641,00 € à absorber en janvier d’un côté, huit rendez-vous administratifs de moins de l’autre. À vous de dire lequel des deux vous coûte le plus cher.
Le cas où le choix ne vous appartient pas vraiment
Si vous touchez l’allocation de retour à l’emploi versée par France Travail, l’URSSAF recommande le mensuel, et pour une raison chiffrée. En périodicité mensuelle, France Travail verse chaque mois 80 % de l’allocation due, avec un paiement définitif chaque mois. En périodicité trimestrielle, l’avance mensuelle tombe à 70 %, et la régularisation n’intervient qu’à la fin du trimestre.
Le trimestriel vous fait donc attendre 10 % de votre allocation pendant trois mois.
La première année, le décalage dure encore plus longtemps
Un détail qui piège les créatrices qui s’immatriculent à l’automne pour vendre à Noël : un délai minimum de 90 jours doit s’écouler entre le début d’activité et la première déclaration, et celle-ci porte sur tout ce qui a été encaissé depuis la création.
Pour un début d’activité en octobre, la première échéance mensuelle tombe le 28 février de l’année suivante. En trimestriel, pour un début entre le 1er octobre et le 31 décembre, elle tombe le 30 avril de l’année suivante. Sept mois entre l’immatriculation d’octobre et le premier prélèvement, avec toute la saison de Noël dessus.
Ces sept mois ne sont pas un cadeau, ils sont un report. Le calendrier complet de ces premiers mois est détaillé dans vos trois premiers mois de déclarations.
Comment changer, et avant quand
Le choix de périodicité vaut pour une année civile entière. On ne bascule pas en cours de route parce que le mois a été bon.
La demande se fait depuis votre compte sur autoentrepreneur.urssaf.fr, rubrique messagerie, en sélectionnant le motif « la modification de la périodicité de vos déclarations et paiements ». Une phrase suffit : vous indiquez le rythme voulu et la date du 1er janvier concernée.
La date limite est le 31 janvier de l’année en cours pour une prise en compte au 1er janvier de cette même année. Les demandes envoyées après le 31 janvier s’appliquent au 1er janvier de l’année suivante. Une exception : si vous avez commencé votre activité depuis moins de trois mois, la bascule vers le mensuel peut être immédiate.
Ce qui veut dire que la fenêtre pour changer s’ouvre exactement au moment où le prélèvement du trimestre de Noël vient de tomber. Si vous lisez ceci en janvier avec le relevé sous les yeux, vous êtes au bon endroit du calendrier. Si vous le lisez en août, notez-le quelque part pour janvier.
Provisionner, quel que soit le rythme
Aucune périodicité ne remplace une mise de côté. Sur une vente à 24 € encaissée sur un marché, 3,08 € ne vous appartiennent pas. Le geste qui règle le problème est mécanique : un second compte, un virement le soir du marché, et vous ne comptez plus jamais que le solde du premier.
Pour savoir combien mettre de côté sur votre propre chiffre, notre simulateur de charges en micro-entreprise est gratuit et sans inscription : vous entrez un chiffre d’affaires, il sort les cotisations, la contribution formation et la taxe de chambre. Et si vous animez aussi des ateliers, le taux n’est pas le même sur les deux lignes, c’est expliqué dans vendre ses créations et animer des ateliers.
Dernière chose, pour finir sur décembre : la CFE, elle, ne suit aucune de ces deux périodicités. Elle arrive le 15 décembre, elle ne prévient pas, et elle est traitée dans la facture de décembre que personne n’a provisionnée.
Ouvrez votre espace URSSAF ce soir. La périodicité est écrite noir sur blanc dans votre tableau de bord, et beaucoup de créatrices découvrent qu’elles n’ont jamais choisi la leur.
Questions fréquentes
Vaut-il mieux déclarer à l’URSSAF tous les mois ou tous les trimestres ?
Le total payé sur l’année est identique dans les deux rythmes, seule la date change. Pour une activité saisonnière qui réalise la plus grande partie de ses ventes en novembre et décembre, le rythme mensuel prélève pendant que l’argent est sur le compte, alors que le trimestriel concentre les cotisations d’octobre, novembre et décembre sur la seule échéance du 31 janvier. Le trimestriel garde un avantage réel : quatre déclarations au lieu de douze, donc moins d’occasions d’oublier une échéance à 60 € de pénalité.
Quelles sont les dates de déclaration URSSAF en micro-entreprise ?
En périodicité mensuelle, le chiffre d’affaires d’un mois est exigible le dernier jour du mois suivant : janvier au 28 février, février au 31 mars, et décembre au 31 janvier de l’année suivante. En périodicité trimestrielle, les quatre échéances sont le 30 avril, le 31 juillet, le 31 octobre et le 31 janvier. Si la date tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié, elle est reportée au jour qui suit.
Comment passer de trimestriel à mensuel, et avant quelle date ?
La demande se fait depuis la messagerie de votre compte sur autoentrepreneur.urssaf.fr, motif « la modification de la périodicité de vos déclarations et paiements ». Elle doit être envoyée avant le 31 janvier de l’année en cours pour s’appliquer dès le 1er janvier de cette même année. Envoyée après, elle prend effet au 1er janvier suivant. Si votre activité a moins de trois mois, la bascule vers le mensuel peut être immédiate.
Combien paie une créatrice à 15 000 € de chiffre d’affaires concentré sur deux mois ?
Sur 15 000 € de ventes de créations, le taux prélevé est de 12,82 % : 12,3 % de cotisations sociales, 0,3 % de contribution à la formation professionnelle pour les artisans et 0,22 % de taxe pour frais de chambre de métiers. Cela fait 1 923,00 € sur l’année, quel que soit le rythme. Avec 9 000 € encaissés en novembre et décembre, l’échéance du 31 janvier est de 705,10 € en mensuel et de 1 346,10 € en trimestriel, soit 641,00 € d’écart.
Sources
- Dates d’exigibilité mensuelles et trimestrielles, délai de 90 jours, report si la date tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié : fiche « Déclarer et payer mes cotisations », autoentrepreneur.urssaf.fr
- Changement de périodicité avant le 31 janvier, bascule immédiate sous trois mois d’activité, avances France Travail à 80 % et 70 % : autoentrepreneur.urssaf.fr, mise à jour du 9 décembre 2025
- Inscription d’office en mensuel à défaut de choix, procédure par la messagerie : autoentrepreneur.urssaf.fr
- Taux de 12,3 % en vente de marchandises et 21,2 % en prestation de services BIC : entreprendre.service-public.gouv.fr et autoentrepreneur.urssaf.fr
- Contribution à la formation professionnelle des artisans, 0,3 % : autoentrepreneur.urssaf.fr
- Taxe pour frais de chambre de métiers, 0,22 % en achat-vente et 0,48 % en prestation, exonération sous 5 000 € : entreprendre.service-public.gouv.fr, vérifié le 24 décembre 2025
- Pénalité de 1,5 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale, soit 60 € en 2026, et obligation de déclarer un chiffre d’affaires nul : bpifrance-creation.fr
- Plafond mensuel de la Sécurité sociale 2026, 4 005 € : urssaf.fr, mis à jour le 1er janvier 2026
Chiffres vérifiés le 7 août 2026. AtelierTarif est un outil d’aide au calcul de prix, pas un conseil fiscal. Pour une décision qui engage votre atelier, appuyez-vous sur les sources ci-dessus ou sur votre URSSAF.